Emballages Barrière: qu'est-ce qui protège réellement un complément alimentaire?
L’emballage semble être la dernière étape dans la conception d’un produit: la formule est prête, le format choisi, il ne reste plus que «l’emballage». En réalité, l’emballage est à part entière une spécification technique, et il remplit une fonction invisible: déterminer si le principe actif que vous avez intégré à la formule parvient intact jusqu’à la fin de la durée de conservation, ou si une partie de celui-ci se perd en cours de route.
Car un complément alimentaire ne vieillit pas uniquement sur les rayons. Il vieillit en interaction avec son environnement par le biais de son emballage, et trois facteurs en particulier nuisent à son contenu: l’oxygène, la lumière et l’humidité. Chaque famille d’ingrédients redoute surtout l’un de ces trois facteurs.
L’oxygène: l’oxydation
C’est l’ennemi des ingrédients qui s’oxydent au contact de l’air. Les oméga-3 rancissent, ce qui a des répercussions sur l’odeur, le goût et la valeur réelle du produit. La Vitamine C se dégrade. Il en va de même pour de nombreuses huiles, les Polyphénols et les composés Antioxydants, qui, par définition, réagissent avec l’oxygène. Ici, la barrière offerte par le matériau se mesure à l’aide d’un indice précis, l’OTR — la quantité d’oxygène qui traverse le film par unité de temps: plus cet indice est faible, plus l’emballage offre une protection efficace.
Lumière: la photodégradation
Certains principes actifs se dégradent lorsqu’ils sont exposés à la lumière, en particulier aux rayons ultraviolets. Cela concerne les Caroténoïdes et la Lutéine, la Vitamine A, la Riboflavine, ainsi que la Mélatonine, qui est photosensible. Un récipient transparent laisse passer la lumière dans son intégralité: c’est un choix qui met en valeur le produit en rayon, mais qui, dans le cas d’un principe actif photosensible, se fait au détriment de sa stabilité. Un matériau opaque, un verre ambré ou un film doté d’une couche de protection font ici toute la différence.
Un emballage transparent relève souvent d’un choix marketing. Sur un produit photosensible, cela peut lui coûter des points de cote en fin de durée de conservation: le produit indiqué sur l’étiquette n’est plus celui qui se trouve dans le sachet.
Humidité: le rôle de l’eau
L’humidité qui pénètre dans l’emballage provoque des réactions, l’agglomération des poudres et une perte d’efficacité. Il s’agit d’un facteur critique pour les Probiotiques et les Postbiotiques, où la vitalité des souches est primordiale, ainsi que pour les Poudres Hhygroscopiques, les produits Effervescents et les formes à Croquer. Là encore, il existe un indice, le WVTR, qui mesure la quantité de vapeur d’eau traversant le matériau. Et là encore, le récipient ne fonctionne pas seul: le bouchon, la soudure et, le cas échéant, le sachet déshydratant font partie intégrante du système barrière.
Les matériaux, du plus protecteur au plus perméable
L’aluminium constitue une barrière totale: il empêche à la fois l’oxygène, la lumière et l’humidité de pénétrer. C’est pourquoi le Stick Pack, le Doypack et le Sachet multicouche avec feuille d’aluminium, ou encore le Blister alu-alu, sont les formats qui protègent le mieux les principes actifs sensibles. En l’absence d’aluminium — film transparent, matériau plastique mono-composant — la barrière perd de son efficacité, et il convient de vérifier que le principe actif conserve néanmoins ses propriétés pendant toute la durée de vie du produit.
Cette barrière n’est toutefois pas le seul critère. Le même matériau multicouche à base d’aluminium, qui offre la meilleure protection, est également le plus difficile à recycler, car il associe différents matériaux qui doivent être séparés en fin de vie. C’est précisément sur ce point que portent les nouvelles exigences en matière de recyclabilité: vous trouverez un aperçu de la situation dans notre article sur le PPWR et les allégations écologiques. La protection du produit et la recyclabilité du matériau sont deux exigences qui tirent dans des directions opposées, et la formulation idéale se situe à leur point de rencontre.
Sachets
Structure: multicouche PET-ALU-PE
Barrière: totale — l’aluminium bloque l’oxygène, la lumière et l’humidité
Tri sélectif: collecte des plastiques
Stick Pack
Structure: multicouche PET-ALU-PE
Barrière: totale
Tri sélectif: collecte des plastiques
Doypack à base de plastique
Structure: multicouche PET-ALU-PE (ou PET-ALU-PET-PE, avec renfort en PET)
Barrière: totale
Format: stand-up, avec ou sans paille
Tri sélectif: collecte des plastiques
Doypack à base de papier
Composition: Papier FSC®-ALU-PE(ou Papier-ALU-PET-PE)
Barrière: totale — l’aluminium constitue la couche barrière, le papier sert de support extérieur
Tri sélectif: collecte du papier (le papier représente la majeure partie du poids)
Blister
Structure: PVC-ALU (PVC également disponible en version PCR, recyclé post-consommation) ou ALU-ALU (formé à froid)
Barrière: partielle avec PVC-ALU (la limite est constituée par l’alvéole en PVC) · totale avec ALU-ALU
Tri sélectif: collecte des plastiques
Quel que soit le format, la présence d’aluminium distingue la collecte du recyclage des matériaux: « Collectable » ne signifie pas «Recyclable».
Le format fait partie de la barrière
Une même formule, protégée de différentes manières, a une durée de vie différente. Une dose unitaire scellée dans de l’aluminium isole chaque dose de l’environnement jusqu’au moment de son utilisation; un flacon, en revanche, expose son contenu à chaque ouverture, ce qui doit être compensé par une fermeture adaptée, un remplissage adéquat et, parfois, une atmosphère protectrice. Le choix entre un stick pack, un doypack, un Blister ou un flacon n’est pas seulement une question de praticité et de rendement en rayon: c’est un choix qui détermine le profil de barrière du produit.
La barrière détermine la date de péremption, et non la date de conditionnement. Un produit qui est conforme à l’origine mais qui n’est pas protégé peut ne plus l’être à la date de péremption indiquée.
C’est un aspect qui est directement lié à la Biodisponibilité et au dosage: ce n’est pas seulement la quantité de principe actif que vous intégrez dans la formule qui compte, mais la quantité qui reste active lorsque le produit est consommé. Le même raisonnement s’applique aux ingrédients les plus exposés au stress oxydatif, pour lesquels l’emballage fait autant partie de la stratégie de protection que la formule elle-même.
Un choix à faire en amont
La barrière ne se corrige pas en aval, sur un produit déjà défini. Elle est définie dès la phase de développement, en même temps que le principe actif et le format: on part de ce à quoi l’ingrédient est sensible — l’oxygène, la lumière ou l’humidité — puis on remonte jusqu’au matériau et à la structure qui le protègent tout au long de sa durée de conservation, en vérifiant les données fournies par les fournisseurs concernant les matériaux en contact avec le produit. Concevoir l’emballage après avoir finalisé la formule revient souvent à se rendre compte trop tard que cette formule nécessitait une barrière différente.
Si vous développez un produit et que vous souhaitez choisir le matériau et le format en fonction de ce que le produit doit supporter, n’hésitez pas à nous en parler.
Sofia
Je m’appelle Sofia, je suis Blogueuse et je publie des articles sur les compléments alimentaires, y compris leurs bienfaits pour la santé, les usages recommandés, les interactions potentielles et les effets secondaires.
Pour signaler d’éventuelles imprécisions, erreurs ou simples coquilles, vous pouvez m’écrire à l’adresse redazione@encanto.it.
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